Santé publique France : évaluation nationale du Dépistage Universel de la Surdité Permanente Bilatérale Néonatale (Novembre 2019)

Cette évaluation porte sur les années 2015 et 2016, immédiatement après la mise en place du programme national de dépistage de la surdité permanente néonatale (SPBN) en décembre 2014.

Pour rappel :

Ce programme vise à repérer précocement les enfants atteints pour permettre leur prise en charge rapide et adaptée.

Il comprend deux phases :

  • La phase de vérification de l’audition en maternité chez tous les nouveau-nés à l’aide d’un test (T1) et d’un retest (T2). Selon les régions de France, un test différé (T3) peut être réalisé après la sortie de la maternité chez les enfants pour lesquels il n’a pas été possible de conclure à une audition normale.
  • La phase, le cas échéant, de diagnostic de la surdité en établissement de santé, en cabinet privé ou en établissement spécialisé.

L’étude de Santé publique France :

Elle porte sur les surdités les plus graves : surdités permanentes bilatérales néonatales de moyennes à profondes en raison de leur impact sur le développement de l’enfant.

Elle est basée sur le recueil des données agrégées du dépistage et du diagnostic entre 2015 et 2016 dans chacune des 27 régions de France, en tenant compte des taux de couverture, d’exhaustivité, d’efficience, de refus du test par les parents et d’enfants suspects de SPBN à l’issue de la phase de dépistage.

Le but est de présenter la répartition des enfants sourds en fonction de la sévérité de l’atteinte.

Il est à noter un nombre important de données manquantes ou mal codées, surtout à la phase de diagnostic. Ainsi, l’estimation du taux national de la surdité a été réalisée sur la base d’un nombre restreint de régions avec un taux limité de données manquantes.

Les résultats, en résumé :

  • Le taux de couverture était déjà élevé en 2015 (88%), encore davantage en 2016 (96%), où seule la région Poitou-Charentes n’avait pas encore démarré le programme de façon systématique en maternité.
  • Le taux d’exhaustivité a augmenté de manière significative de 2015 (83%) à 2016 (94%).
  • L’acceptation du test par les parents s’est montrée très bonne avec un taux de refus de 0,1% en 2015 comme en 2016.
  • En 2016, 19 régions sur 27 avaient ajouté un T3 (test de contrôle après sortie de maternité). La conséquence a été la diminution importante du taux de suspects (0,9% au lieu de 1,43%)
  • Répartition des SPBN:
    • Surdités moyennes bilatérales 57%
    • Surdités sévères bilatérales 17%
    • Surdités profondes 27%

Ces proportions sont similaires à celles rapportées en 2003 dans une étude anglaise menée sur 17160 enfants

  • Les taux de surdités bilatérales moyennes à profondes (0,8‰)ou légères à profondes (1,2‰)en France sont comparables à ceux observés au niveau international.

Tous ces résultats sont à confirmer sur des données plus exhaustives et de meilleure qualité. Cependant l’objectif national de 90% d’exhaustivité du dépistage de la surdité après deux ans de fonctionnement du programme a été dépassé. Le test différé T3, non financé par le programme de dépistage, apparaît utile pour désengorger les structures de diagnostic.

Dans les prochaines Newsletters Périnat 92:

  • Le déploiement en France du dépistage néonatal de la surdité (2015-2016) et des spécificités régionales : quid de l’Île-de-France ?
  • Les recommandations de santé Publique France et de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France pour l’amélioration du dépistage auditif néonatal de la surdité.

 

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