Retrouvez ci-dessous notre deuxième article dédié aux spécificités régionales du dépistage néonatal de la surdité :

Le déploiement en France du dépistage néonatal de la surdité (2015-2016) et des spécificités régionales : quid de l’Île-de-France ?

 Le déploiement du programme de dépistage de l’audition débute officiellement en décembre 2014. Il s’est mis en place progressivement dans nos 27 régions jusqu’en 2016 :

  • En 2014 : 11 régions pratiquent déjà le dépistage (42% des enfants) avant l’instruction ministérielle du 22 décembre 2014. La première région, région Centre avait débuté sa pratique en 2002, Champagne-Ardenne dès 2004…
  • En 2015 : 22 régions, dont l’Île-de-France.
  • En 2016 : 26 régions. Seule la région Poitou-Charentes ne pratique pas le dépistage de la surdité (Elle représente 2% des naissances).

Pour mémoire les établissements des Hauts-de-Seine débutent de façon coordonnée le dépistage de la surdité en juin 2015, le coordinateur de l’audition ayant pris ses fonctions en février de la même année.

 Une grande variabilité dans l’application du cahier des charges national au niveau régional :

  • Variabilité du type de surdité recherché :
    • 16 régions ont choisi le dépistage de la SPBN (surdité permanente bilatérale néonatale) et de la SPUN (surdité permanente unilatérale néonatale), soit 51% des naissances.
    • 10 régions, dont l’Île-de-France et les Hauts-de-Seine, ont choisi de dépister uniquement la SPBN soit 47% des naissances.

En 2017, ce partage « moitié/moitié » de la France n’a pas changé.

La raison pour laquelle la SPUN est négligée réside dans le grand nombre de contrôle qu’elle nécessite et donc de rendez-vous O.R.L. à trouver.

Note : Une étude faite par le coordinateur audition du Réseau Perinat 92 des Hauts-de-Seine évalue le nombre de contrôles nécessaire à 10 fois celui du SPBN.

La Région Guadeloupe a d’ailleurs décidé d’abandonner en 2016 le dépistage de la SPUN devant l’engorgement de ses services d’O.R.L. La région PACA a effectué le cheminement inverse en 2018. En IDF, le nombre de rendez-vous à trouver pour intégrer le dépistage de la SPUN paraît prohibitif.

  • Variabilité des opérateurs régionaux impliqués : Réseau de santé de périnatalité, Agence Régionale pour le Dépistage et la Prévention des Handicaps de l’Enfant (ARDPHE) prennent en charge le dépistage de l’audition, parfois conjointement :
    • 10 régions sont coordonnées seulement par leurs réseaux de santé de périnatalité
    • 14 régions seulement par leur ARDPHE
    • 2 exceptions :
      • l’Ile-de-France est coordonnée à la fois par ses Réseaux de santé de périnatalité et son ARDPHE.
      • A Mayotte, ce sont des cliniciens O.R.L. qui ont eux-mêmes pris l’initiative du déploiement du dépistage et qui le coordonnent.

Note : les ARDPHE étant aujourd’hui dissoutes, pour certaines remplacées par des CRDN (Centres Régionaux du Dépistage Néonatal) adoptant le nouveau découpage des régions. Les CRDN n’ont pas encore pour mission d’organiser le dépistage de la surdité. Il a donc fallu s’adapter, notamment en IDF avec le maintien de l’ARDPHE restructurée et rebaptisée : CFDNA (Coordination Francilienne du Dépistage Néonatal de l’Audition).

  • Variabilité des logiciels utilisés pour le recueil des données :

3 types de logiciels :

  • Néonat, initialement développé pour le dépistage biologique avec volet audition ajouté
  • Voosurdité, application web de collecte des données de la phase diagnostique de la surdité, intégrant les données de Néonat.

14 régions utilisent ces deux premiers logiciels (64% des naissances), c’est le cas de l’IDF.

  • Applications locales (type tableur Excel) pour 7 régions.

 

Dans la prochaine Newsletter :

Les recommandations de santé Publique France et de l’Agence Régionale de Santé d’Île-de-France pour l’amélioration du dépistage auditif néonatal de la surdité.

Lien vers la totalité du rapport de santé Publique France :

https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/205455/2398457