CONTRACEPTION

Maitriser sa fertilité est une préoccupation courante et habituelle. Chaque couple est amené à y réfléchir à un moment ou un autre de sa vie. Pour être bien acceptée et bien suivie, une méthode contraceptive doit être adaptée à chaque femme et choisie avec elle, en fonction de sa réalité quotidienne. Quel que soit l’âge, il n’y a pas une seule contraception valable pour toutes les femmes. Chacune est un cas unique selon ses antécédents médicaux, mais aussi sa situation affective, son mode de vie, son rapport au corps… Ainsi, choisir la contraception qui correspond le mieux à un moment donné de sa vie peut nécessiter plusieurs consultations.

Trouver la contraception la plus efficace pour soi passe donc par 4 étapes :
• se poser des questions au sujet de ses envies, de ses besoins, de son mode de vie ;
• être au clair sur sa situation médicale et ses antécédents médicaux ;
• être conseillé par un professionnel de santé (médecin, pharmacien, sage-femme, infirmière scolaire) ;
• et choisir, en connaissance de cause, la contraception la plus adaptée à sa situation.

Vous trouverez ci-dessous une liste des principaux moyens de contraception disponibles en France. N’hésitez pas à en parler avec le professionnel de santé qui vous suit afin d’évaluer la méthode la mieux adaptée à votre cas, ainsi que l’efficacité de chacune.

 

La contraception qui vous convient existe.

La contraception œstro-progestative

L’absorption quotidienne d’une certaine quantité d’oestro progestatifs, finement dosée, permet d’obtenir un effet contraceptif grâce à :
• Un blocage de l’ovulation (mise au repos des ovaires qui ne produisent plus d’ovules chaque mois).
• Une modification de l’endomètre (la muqueuse tapissant l’intérieur de l’utérus) pour empêcher la nidation (que l’œuf ne s’accroche à la paroi utérine).
• Une modification de la glaire cervicale (sécrétions produites par le col de l’utérus) pour empêcher les spermatozoïdes de franchir le col de l’utérus.

Plusieurs modes d’administration existent, vous devrez choisir celui qui vous convient le mieux.

La pilule

Elle doit être prise quotidiennement, sans oubli, à heure fixe. Elle permet un retard de prise de 12 heures maximum. Au-delà de ces 12 heures, l’efficacité contraceptive n’est plus garantie.

Le patch transdermique

Le patch contraceptif est un timbre adhésif qui se colle sur la peau. Il délivre en continu des hormones oestro-progestatives qui passent dans la circulation sanguine à travers la peau. Le patch peut se coller sur l’abdomen, le bras, les fesses, les épaules ou le bas du dos. Il doit être posé une fois par semaine, pendant 3 semaines sur 4. La quatrième semaine, sans patch, provoque l’apparition des règles. Bien qu’il ne soit utilisé que 3 semaines sur 4 dans le mois, son efficacité s’étend au mois entier.

L’anneau vaginal

L’anneau contraceptif est un tube en matière souple, transparente et qui mesure 5,4 cm de diamètre. Une fois en place dans le vagin, il délivre ses hormones en continu, elles sont alors absorbées par la muqueuse vaginale et passent ensuite dans la circulation sanguine. Il doit être placé au fond du vagin et rester en place pendant 3 semaines, sans avoir besoin d’être changé. Au bout des 3 semaines, on le retire pendant 7 jours, période où surviennent les règles. Au terme de cette semaine d’arrêt, un nouvel anneau est inséré.

La contraception par progestatif seul

L’absorption quotidienne d’une certaine quantité de progestatifs permet d’obtenir aussi un effet contraceptif grâce à :
• Une modification de l’endomètre (muqueuse tapissant l’intérieur de l’utérus) pour empêcher la nidation (que l’œuf ne s’accroche à la paroi utérine).
• Une modification de la glaire cervicale (sécrétions par le col de l’utérus) pour empêcher les spermatozoïdes de franchir le col de l’utérus.
• Un blocage de l’ovulation éventuel (mise au repos des ovaires), en fonction du type de progestatif utilisé.

Ils peuvent être administrés sous plusieurs formes :

La pilule micro progestative

Elle doit être prise quotidiennement, sans oubli, à heure fixe. Elle permet un retard de prise de 3 ou 12 heures maximum (en fonction de la molécule). Au-delà de ce délai, l’efficacité contraceptive n’est plus garantie.

L’implant sous cutané

L’implant contraceptif se présente sous la forme d’un bâtonnet souple de 4 cm libérant pendant 3 ans des progestatifs dans la circulation sanguine. Il est inséré par un médecin ou une sage-femme sous la peau du bras (face interne)

Les injections intramusculaires

Il s’agit d’injections de progestatifs qui sont réalisées tous les 3 mois. Elles sont indiquées lorsque les autres méthodes d’administration sont impossibles.

Les dispositifs intra utérin (DIU)

Il s’agit de dispositifs de forme variable (souvent en forme de « T « ), mis en place par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme en principe à la fin des règles. Après avoir examiné le vagin et le col de l’utérus, il place le DIU au fond de l’utérus à l’aide d’un tube d’insertion très fin puis coupe les fils. Ceux-ci dépassent du col de l’utérus pour permettre le retrait.

Au cuivre

Il agit à deux niveaux :
• une altération des spermatozoïdes par l’action du cuivre qui empêche la fécondation (action spermicide)
• une modification de l’endomètre qui empêche la nidation de l’œuf
Le DIU au cuivre peut être gardé entre 3 et 10 ans suivant le modèle

Progestatifs

Le DIU hormonal contient une hormone progestative, qui est le même progestatif de synthèse que celui contenu dans certaines pilules contraceptives. Cette hormone est libérée en petites quantités pendant 5 ans. Elle épaissit la glaire cervicale empêchant le passage des spermatozoïdes, ralentit la formation de l’endomètre (paroi intérieure de l’utérus), et prévient l’ovulation (libération de l’ovule) chez certaines femmes. Il est placé dans l’utérus de la même façon que le DIU au cuivre.

Les préservatifs masculins ou féminins

Les préservatifs masculins et féminins sont les seuls moyens de contraception qui servent aussi de protection contre les Infections Sexuellement Transmissibles (IST).

Le préservatif féminin est une gaine en polyuréthanne lubrifiée qui se place dans le vagin en venant coiffer le col de l’utérus et qui recueille le sperme lors d’un rapport sexuel. Cette gaine comporte un anneau souple à chaque extrémité :
L’anneau intérieur, situé du côté fermé, facilite l’insertion et le maintien du préservatif au fond du vagin.
L’anneau extérieur, plus large, reste à l’extérieur du vagin et couvre la vulve ainsi que la base du pénis lors de rapports sexuels.
Il peut être placé longtemps avant le rapport et retiré plusieurs heures après le/les rapports sexuels. Sa mise en place nécessite une bonne connaissance de son anatomie et plusieurs essais.

Le préservatif masculin est un étui, le plus souvent en latex, qui doit être déroulé sur le pénis en érection, avant toute pénétration et à chaque rapport sexuel.

Les autres méthodes barrières

Le diaphragme, la cape cervicale

Placés manuellement dans le vagin, ils peuvent être posés jusqu’à deux heures avant le rapport sexuel, mais aussi juste avant. Il est important de les laisser en place pendant 8 heures après le rapport. Ils sont à enlever dans les 24h qui suivent ce rapport, au plus tard. Ils peuvent être ensuite réutilisés. En association avec des spermicides, leur efficacité est nettement accrue.
Le diaphragme est une coupelle, en silicone ou en latex, que l’on place soi-même dans le vagin au contact du col de l’utérus.
La cape cervicale est un dôme très fin, en silicone ou en latex également, que l’on place soi-même dans le vagin et qui vient recouvrir le col de l’utérus.

Les spermicides

Les spermicides se présentent sous forme de mousse, de crème, de gel, d’ovules, d’éponges ou même de comprimés. Il s’agit de contraceptifs vaginaux chimiques. Introduits au fond du vagin avant le rapport sexuel, ils se dissolvent et se dispersent dans le vagin et immobilisent les spermatozoïdes. Ils ont ainsi la propriété de les tuer ou de les rendre inactifs. La fécondation est donc rendue impossible. Certains spermicides peuvent également supprimer les micro-organismes associés à certaines Infections Sexuellement Transmissibles.

Les méthodes naturelles

Ces méthodes consistent à éviter les rapports sexuels non protégés pendant une période identifiée comme celle où la femme est considérée comme fécondable. Elles reposent sur des méthodes de calcul différentes pour évaluer cette période: calculs selon le nombre de jours du cycle (méthode Ogino), calcul selon la courbe de température, calcul selon l’aspect de la glaire cervicale (méthode Billings).

Les méthodes de stérilisation

Au décours d’une intervention chirurgicale, plus ou moins lourde, il est possible de réaliser certains actes entrainant une stérilisation irréversible : intervention sur les trompes féminines (par ligature, électrocoagulation, ou pose de clips) ou sur les canaux déférents masculins (ligature).

LA CONTRACEPTION D’URGENCE

La contraception d’urgence désigne les méthodes contraceptives qu’une femme peut utiliser pour prévenir la survenue d’une grossesse non prévue après un rapport sexuel non ou mal protégé.
Il en existe 2 types :
La contraception d’urgence hormonale : méthode de rattrapage (dans les 5 jours après le rapport supposé fécondant) ne visant pas à être utilisée de façon régulière
Le DIU au cuivre : mise en place possible jusqu’à 5 jours après le rapport supposé fécondant, nécessitant la prise d’un RV chez un médecin ou une sage-femme.

Toutes ces méthodes nécessitent d’être discutées et évaluées avec votre référent santé (médecin, sage-femme, infirmière, pharmacien…), afin d’évaluer les avantages et inconvénients de chacune et leur adéquation avec vos antécédents médicaux et choix de vie personnels.

Pour en savoir plus :

Rubrique contraception du site de l’Association fil santé jeunes
Site de l’Association française pour la contraception
Fiche mémo « Contraception : prescriptions et conseils aux femmes » par la Haute autorité de santé (HAS), 2015
Site internet Santé Publique France dédié à la contraception